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Safari dans une forêt de légendes



Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, la réserve cynégétique de Chambord est un haut lieu de la chasse au gros. Ceux qui n'ont pas la chance de se faire inviter à une battue peuvent la parcourir en véhicule tout-terrain, sous la conduite d'un guide forestier.

Parce qu'ils se sont fait photographier en bermuda à fleurs devant la façade du château, les touristes croient tout connaître de Chambord. Erreur grossière : le palais de François Ier est à son domaine forestier ce que la tour Eiffel est à la ville de Paris. Deux monuments en forme de belvédère. Deux territoires de superficie identique. Pour en pénétrer les secrets, il faut partir à l'aventure, sous la conduite d'un guide à toute épreuve !

Au volant de son Land Rover, pantalon kaki et chemise verte de l'ONF (Office national des forêts), François Coutant promène ses visiteurs dans le dédale des allées sablonneuses et des sous-bois irisés par la lumière du couchant. A l'abri de son mur de 32 km, le plus long d'Europe, la forêt de légendes s'enfonce dans un sommeil peuplé de coassements de reinettes, d'aboiements de goupils, de gazouillis de rossignols, de hululements d'effraies et d'envols de ramiers.




Halte à l'étang de Périou, à l'heure
où les animaux vont boire.
(Photo NR - J.L.Boissonneau)

Treize jours par hiver, le parc est le théâtre de battues officielles auxquelles prennent part vingt à trente invités. « Il y a ceux de la préfecture, de l'ONF, des fédérations de chasse, de la commune de Chambord. Il y a aussi la battue dite des méritants, qui a remplacé les anciennes chasses présidentielles abolies en 1995. Les méritants sont les meilleurs lauréats du permis de chasser : ceux qui ont obtenu la note maximum à l'examen », explique François Coutant.

Quelle que soit la puissante invitante, les traques chambourdines n'inquiètent que les sangliers. Il faut en tirer environ 400 par an pour maintenir la population à son niveau moyen d'un bon millier d'individus. Moitié moins nombreux, et sensiblement moins prolifiques, les cerfs font l'objet de tirs de sélection qui visent à éliminer les sujets malades, blessés ou malformés. Mais le mode de prélèvement le plus spectaculaire réside dans les panneautages. Ces opérations spécifiques à Chambord permettent de capturer vivants des animaux en les poussant vers des filets tendus en limite de parcelles. Chaque année, environ 80 cerfs et biches sont ainsi repris et expédiés vers des massifs forestiers français et parfois étrangers aux fins de repeuplement.

Avec, en plus, 150 chevreuils et 80 mouflons, la forêt de Chambord supporte une densité de grands animaux cinq fois supérieure à la normale : un casse-tête pour les forestiers, qui doivent gérer au mieux la ressource naturelle en nourriture. Mais un bonheur pour les chasseurs photographiques qui disposent de 1.000 hectares accessibles en permanence et d'observatoires aménagés aux endroits stratégiques. Dans les petits matins brumeux, il arrive même que, comme les touristes, les cerfs prennent la pose devant le château. Sans bermuda…

Pour tous renseignements : www.chambord.org





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